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En complément de la pré-vol, au sujet de la sellette …

L’homme a toujours rêvé de voler, et d’évoluer parmi les oiseaux. Oui mais voilà, il n’est naturellement pas destiné à évoluer dans l’air !

Depuis des siècles, il a pourtant cherché tous les moyens pour y parvenir. Et il a réussi, au moyen d’aéronefs divers et variés, qui lui permettent aujourd’hui de parcourir le ciel librement.

Cependant, même si l’accès à ce milieu est devenu aujourd’hui relativement simple, il ne se fait pas sans risques.

Comme déjà évoqué dans l’article sur l’oubli d’attache en parapente, des accidents arrivent chaque année par suite d’erreurs commises juste avant le décollage.

Méconnaissances, manque de formation, étourderie, inconscience, … Il est difficile de connaître précisément les raisons qui donnent naissance à ces erreurs.

Dans toute activité aéronautique (comme le parapente), il existe des procédures précédant le décollage qui permettent d’établir si toutes les conditions sont réunies pour se mettre en l’air dans les meilleures conditions de sécurité. Dans le milieu, cette procédure est appelée « Pré-vol ».

Cet article ne va pas revenir sur la pré-vol faite au décollage juste avant de se mettre en l’air, puisque c’est l’un des fondamentaux enseigné dans les écoles de vol libre, et chaque pilote se doit de connaître pour sa propre sécurité et celle des autres.

Nous n’évoquerons pas non plus les solutions matérielles existantes, que vous pourrez retrouver dans l’article consacré à l’oubli d’attache en parapente.

 

Nous allons ici aborder l’ensemble des points névralgiques présents sur une sellette, et qu’il est bon de vérifier régulièrement ou après un incident. On peut profiter par exemple d’un temps d’attente à l’atterro pour prendre la navette, d’une fin de vol où rien ne presse pour rentrer, d’un dimanche pluvieux à la maison, …

Voici une liste de points à inspecter, qu’il vous appartient d’adapter à votre modèle de sellette et aux particularités la concernant.

Certains vous paraîtront peut-être évidents et inutiles, mais il se peut que :

  • Vous ayez prêté votre sellette
  • Vous essayez une sellette qui n’est pas la vôtre
  • Vous la récupériez après réparation/sav

Sellette :

  • Etat général de la sellette
  • Etat des sangles, des lignes Dyneema – Traces d’usures, de coupures, de vieillissement prématuré (couleur, aspect)
  • Mes réglages sont-ils bons ? Peut-être avez-vous prêté votre sellette à un ami pour lui faire essayer ?
  • Le réglage de l’accélérateur est-il bon ? Un accélérateur trop court peut entraîner une accélération constante de la voile dès le décollage.
  • Etat des lignes de l’accélérateur. Des lignes en mauvais état peuvent se coincer dans les poulies, et bloquer la voile en position accélérée même si les longueurs sont suffisantes.

Parachute de secours :

  • Mon parachute de secours est-il installé ?
  • La poignée est-elle bien connectée dessus, et sur le bon point d’accroche (central/latéral : voir recommandations fabricant) ? Un mauvais positionnement de la poignée peut entraver l’ouverture du container, si la sangle vient en tension avant l’extraction des aiguilles.
  • Les élévateurs de secours sont-ils bien connectés sur le parachute ? Comment (en direct/avec un maillon) ? En direct, la tête d’alouette doit être bien serrée. Si présence d’un maillon, vérifier son état, et qu’il est bien verrouillé.
  • Le container est-il bien verrouillé, conformément aux instructions du fabricant de la sellette ?
  • La poignée est-elle bien fixée en position dans son logement ? Attention aux velcros, qui peuvent devenir difficiles à défaire dans le temps. Ne pas hésiter à les enlever puis les remettre, régulièrement.
  • Le guide élévateurs de secours est-il correctement monté ? Attention aux velcros, qui peuvent devenir difficiles à défaire dans le temps. Ne pas hésiter à les enlever puis les remettre, régulièrement.
  • Les élévateurs sont-ils en bon état ? Pas de traces d’usure prématurée, gaine intacte, … ?
  • Les élévateurs de secours sont-ils correctement fixés à la sellette ? Comment (en direct/avec un maillon) ? En direct, la tête d’alouette doit être bien serrée. Si présence d’un maillon, vérifier son état, et qu’il est bien verrouillé.

Protection dorsale :

Airbag :

  • Dans quel état est le tissu de mon airbag ? Prêter une attention toute particulières au matériel réversible, où il faut également vérifier l’état du tissu sur la partie sac, car c’est le même !
  • Les entrées d’air sont-elles en bon état pour écoper correctement ?
  • Tous les zips sont-ils bien fermés et verrouillés (poche, …) ?

Mousse-bag :

  • Dans quel état est mon mousse-bag ? Etat du tissu, trous, déchirures, … ?
  • Les mousses sont-elles bien positionnées dans la sellette ?
  • Les mousses sont-elles pleinement en forme ? Le rangement dans la sellette peut comprimer les mousses, et les empêcher de reprendre rapidement leur forme. Eviter de laisser la sellette comprimée trop longtemps dans le sac, lors d’une longue période sans vols.

Connecteurs de la voile :

Général :

  • Les connecteurs sont-ils adaptés en termes de forme et de dimensions, aux sangles de la sellette ?
  • Est-ce que les connecteurs sont bien positionnés dans les différentes sangles de la sellette ? Boucles avec gaine de protection rouge chez Kortel Design.

Mousquetons automatiques :

  • Traces d’usure ? Chocs, corrosion, saletés, … ?
  • Est-ce que le mécanisme fonctionne bien ? Ouverture du doigt, verrouillage, mouvement fluide, … ?

Maillons rapides :

  • Etat des maillons ? déformation, oxydation ?
  • La virole fonctionne-t-elle de façon fluide ? Une déformation du maillon peut entraîner un désaxage de la virole, et un mauvais fonctionnement de celle-ci.
  • Le serrage de la virole est-il correct et complet ? Selon préconisation du fabricant.

Connecteurs souples :

  • Traces d’usure ? Effilochage, état de la gaine de protection, brûlures ?
  • Le montage des connecteurs souples est-il complet et correctement effectué ? Selon préconisation du fabricant.

Système d’attache dans la sellette :

  • Les boucles de fermeture sont-elles en bon état ?
  • Les boucles se ferment-elles correctement ? En complément du « clic » de verrouillage, il est intéressant de tester chaque boucle individuellement en tirant dessus pour vérifier si le verrouillage est bien effectif.

Lorsque j’ai enfilé ma sellette :

  • Je vérifie chaque fermeture de boucle individuellement.

Il est primordial de pouvoir s’accorder un petit moment régulièrement pour effectuer ces vérifications le plus sereinement possible. Comme pour une pré-vol sur le décollage, il est important d’éviter d’être dérangé (discussion, téléphone, etc …) effectuer ce contrôle méthodiquement et sereinement, afin de rien oublier ou négliger.

Prenez soin de vous, et bons vols !

Personnellement après avoir vu un pilote mourir pour avoir oublié d’attacher ses sangles de cuisses, je choisis des sellettes où elles sont cousues, ou bien je les couds : ma façon à moi d’éliminer radicalement ce danger ! il y en a suffisamment d’autres auxquels il faut faire face. Sur les sellettes légères que j’utilise cela n’occasionne pas d’inconfort trop handicapant dans la mise en place, même à ski.

Conseil aux jeunes pilotes : faites-vous une ultime checklist la plus simple possible, pour être sur de ne pas l’oublier, avec uniquement des points vitaux à vérifier et repassez-la juste avant le check ultime du vent et de l’espace aérien, avant le décollage. La répéter si le décollage doit être retardé de quelques minutes ou pour tout contretemps.

Mon ultime checklist comporte les points vitaux suivants :

Je pars de l’intérieur vers l’extérieur 

  • Ce à quoi je suis accroché
    • Sangles de cuisses + ventrale (même si elles sont cousues car je ne veux pas perdre l’habitude de les vérifier en cas d’utilisation occasionnelle d’une autre sellette)
  • Ce qui accroche la sellette à la voile et au secours
    • Secours : vérification des pins dans leurs emplacement.
    • Etat des maillons, vérification mécanique de leur fermeture.
    • Elévateurs :
      • Les A vers le haut qui rejoignent bien le bord d’attaque
      • Accroche de l’accélérateur
      • Freins allant librement vers leur poulie respective
    • Suspentes bien alignées, non accrochées au sol
    • Voile
Olivier PEYRE

Membre du Team Kortel Aventure

Pendant les longues périodes sans vols (celle-ci est en particulièrement longue) beaucoup de pilotes ont l’habitude de déplier leur voile pour la stocker à plat et au sec. C’est également ce que je fais. Mais il ne faut pas oublier la sellette ! Elle sera bien mieux posée dans une pièce que comprimée dans le sac. J’en profite pour passer un coup d’aspirateur dans les zones qui stockent la poussière (le fond du cocon, les plus de l’assise, les pieds)

En ce moment, la mienne est souvent pendue a un portique (je m’occupe en faisant des tutos et je mets ma fille dedans, elle adore) J’en profite pour vérifier tous les réglages (la kr2 est assez longue à régler), j’ai marqué tous les réglages au stylo sur les sangles. Ça me permet de voir quand ça glisse et de reprendre les réglages très rapidement au déco sans avoir besoin d’un portique et en étant sûr que c’est symétrique. 

Je regarde aussi les points d’usures comme la drisse d’accélérateur, ou le néoprène là où les “barres de flèches” appuient. 

Et tant qu’à faire, je vérifie l’intégrité de l’ensemble. Bon, pour la mienne, ça va vite car elle n’a que 2 vols ! 

Plier les secours est aussi un bon moyen de vérifier que la connexion sellette/secours n’a pas bougé, on en profite pour vérifier l’intégrité des élévateurs de secours et liaison sellette/élévateurs. 

Damien LACAZE

Membre du Team Kortel Aventure & Compétition