Nous y sommes, le billet d’avion pour la Superfinale 2018 est pris ! Direction le Brésil et le site de Baixo Guandu dans 2 semaines.

L’année 2018 a été pour moi parmi les plus chargée (à tous les niveaux) que j’ai jamais vécue… 5 semaines de formation DEJEPS, 6 semaines d’expé au Pakistan avec toute la préparation que cela implique, 5 semaines de compétitions et, par-dessus tout ça, 1 boulot, une vie de famille et un bébé qui débarque ! Autant vous dire que j’ai une compagne en or…

Je me suis aperçu à la fin de l’année que c’était trop, et que quand on fait de la quantité, on perd beaucoup en qualité. Bref, ce trop grand nombre de sollicitations a fait que j’ai du prioriser ma concentration… et donc être moins performant dans pas mal de domaines. Voilà pourquoi je n’ai pas été étonné d’avoir fait l’une de mes plus mauvaise saison de compétition depuis que je suis sur le circuit coupe du monde, et ce, malgré une participation soutenue (5 semaines c’est beaucoup pour moi).

Sans surprise non plus, ma sélection à la Superfinale a été tardive (en raison de mes mauvais résultats). En effet, la Superfinale est la concentration de tous les meilleurs pilotes du circuit PWCA de l’année écoulée. La sélection est donc logiquement liée aux résultats sur ces Coupes du Mondes. C’est une sorte de « Championnat du Monde » annuel, le niveau est au moins équivalent aux championnats du Monde organisés par la FAI car les pilotes se sélectionnent en fonction de leur niveau uniquement, et pas grâce à des quotas par pays. Ce qui explique que nous sommes toujours un grand nombre de Français (au moins 30 cette année). Car la France est l’une des Nation la plus dynamique dans notre activité. La compétition dure 11 jours, comme c’est à la fin de l’année, elle est souvent située en hémisphère Sud ou dans des pays chauds pour trouver des conditions qui volent.

C’est année, elle a lieu un peu plus tard que d’habitude, ce sera du 20 au 30 Mars. 

Comment se préparer pour un tel évènement en plein cœur de l’hiver ? Dur dur de se mettre des heures de vol, du volume sous nos voiles de courses en cette saison ! Les plus fortunés se payent quelques semaines au soleil (Colombie, Brésil, Afrique du Sud) pour se mettre dans le bain. Il y a parfois des opens organisés quelques semaines avant et on voit pas mal de top pilotes s’y rendre afin de se préparer.

Pour les autres, comme moi, on compte beaucoup sur nos acquis … Mais cette année, nous avons la chance d’avoir un mois de Février exceptionnel. On peut faire du thermique (du vrai) chez nous ! La compétition de Gourdon du WE dernier a été un précieux entrainement. Cela m’a permis de retrouver des sensations de courses après 3 mois sans vol sous mon enzo3. J’ai également apprivoisé ma belle Kanibal Race 2 qui était toute neuve. 7H de vol sur 3 jours, de vrais thermiques, et surtout un niveau assez relevé puisque pas mal de pilotes du pôle France étaient là. Même si le terrain de jeu ne ressemble pas du tout au Brésil, à Gourdon on chemine beaucoup sur des crêtes en accélérant alors qu’au Brésil c’est du vol de plaine, je suis très content de m’être senti à l’aise, en volant vite, en anticipant les changements de rythmes, et en me faisant plaisir. J’ai peaufiné les derniers réglages de ma Kanibal, elle est parfaite pour faire la course. Belle, très confortable et stable en vol accéléré, elle peut facilement s’instabiliser dans les thermiques en jouant sur le réglage de l’ABS. Au final, je suis super content de ma 2ème place et autant d’avoir gagné la deuxième manche.

Le temps est encore insolent ces jours ci, j’en profite pour voler chez moi dans des conditions que je n’ai pas l’habitude de rencontrer (de la neige, pas de brise, des thermiques à des endroits différents). C’est toujours bon de réapprendre à voler dans sa vallée et de sortir des schémas connus. J’espère empiler encore quelques heures de vols avant le départ.

Coté stratégie, je vais tenter de me détendre. C’est un peu mon problème en compète. Je me mets souvent trop de pression et ça me paralyse. Je n’y vais pas pour gagner, mais je ne cracherai pas sur un top 10 ! Un mot d’ordre « le Classement provisoire n’existe pas ! » c’est ce que m’a toujours dit Luc, mon mentor et parrain au Pôle France. Vivre chaque manche comme elle vient, toujours avoir envie de voler, pour le plaisir, le résultat vient ensuite !

Damien Lacaze